L’Amor al païs dels Trobadors

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Los Trobadors occitans du Moyen Age (11,12 et13è siècle) posèrent les bases de l’amour contemporain. Avant eux, la convenance voulait que l’amour soit donné aux hommes par Dieu. En scellant une littérature tout entière dévouée à l’amour courtois, les Troubadours occitans inventent l’Amour total. En cela sont en posture hérétique face à la chrétienté.
Mais quelle est donc cette Ley d’Amor, qui conduit au Paratge ?
Pour les Trobadors, Dieu n’est responsable en rien dans cette quête. L’amour est une histoire d’Homme. Mai d’aquò, la femna, la « Dòna » es de tot biais la mestressa del « jòc « . Donc l’Amour peut se perdre si l’amant ne se hisse pas au niveau. Un challenge d’Amour ciselé sur le temps d’une vida et aboutir à la Jòia. Etat d’harmonie, d’extase et de perfection intérieure que donne l’Amour quand la Dòna vòl. Alara lo sofris, « ira e dolors », mezura per mestresar lo dezir, ce qui retourne du cœur, talen que va vers le « plus » souhaité, imaginé, rêvé, même impossible, adultérin, jauzimen, jauzir !!! Pas si simple que ça Trobadors.

« Be m’agrada la covinens sazo » (1)

« Bel m’es bella domna quan pes de vos
e bel quar sui en vòstre senhoriu
bel m’es quan n’aug bon pretz nimintiu
e bel quan vei vòstra bellas faissos
bel m’es quan gart vòstra finas beutatz
e bel quar sui de vos enamoratz
bel m’es quar ai en vos mon pessamen
e bel quar am vos sola solamen. « 

Le Festival Occitània contunha fin al 24 de novembre ont lo film de Marc Oriol « Renat Jurié : Dins la votz dels sègles », es dinat a la Cinematèca dins l’encastre de « Peuples et Musiques au Cinéma. » Chanteur de chants traditionnels et enfant d’un monde rural péri-urbain disparu, Renat nous transmet une part de sa mémoire. « Triste lo sèr, triste la terra… » Ces chants d’église sont autant de blues, scènes tournées au fil des saisons dans son hameau du Rouergue et dans des concerts avec son comparse Jean-Pierre Lafitte. Lo seguissèm dans son roman de vida d’uèi a la bòrda amb vacas al trabalh, au joug, tirant le brabant, ses chèvres, ses oies, tout un monde nous apparaît tel qu’il était et qu’il n’est plus. De calvaires en églises, Jurié et Lafitte nous entrainent, « Sèm montanhòls, volèm l’independencia… », « Sul pont de Mirabèl, Catarina lavava… ».
Bon film, subtil montage aidant, aucune lenteur dans la lecture de ce roman où les images nous convoquent à découvrir la vie à une époque datée, même si aujourd’hui encore, Jurié contunha sa débuta, viu sa retirada d’ensenhaire coma un còp èra. Vos i enperèm nombreux et nombreuses occitaniens et occitaniennes 🙂

Des bons retours du concert d’Aussibal à Alban Minville. Brava endralhada del Luc, barrutlaire del blues d’el ròc n’ òc… Cadun lo camin, Dylan, Privat, Pieyre… Le prix Nobel ? « C’est bien, ça fait réfléchir, va y avoir des débats sur la différence chanson/poésie. Ça me rappelle une anecdote, en 79 ou par là, Henri Mouly était sur la liste des Nobelisables mais personne à Paris n’en avait jamais entendu parler, un écrivain qui écrivait en «patois». Je l’appréciais (il me faisait penser à Steinbeck ou Caldwell) mais j’ai renvoyé les journalistes sur son fils, Charles, le père de Jacouti et Catinou. Si un écrivain en occitan avait eu le Nobel, comme Mistral en 1904, on aurait rigolé.» (2)

Un festival vecteur d’accidents émotionnels. Te per exemple, Chez Lily à Germ Louron (65), restitucion de residéncia. Viatge fa. L’Ocelle Mare, alias Thomas Bonvalet, lance ses sons sonores… Drrriiiiiinnng… Et le circulatoire, NASA et la comète, s’asseoir, out rock or r’òc, méditation et moine la syncope, wauouuuu !!! Pièces courtes et intenses, visibles ocelles, avons marché dans le fenil…
Pas, clèda, campanas, orgue à bouche, métronome, plaques d’harmonica, banjo lectrique blues dubèrt cordé à l’adagio, mélodies spanikes, frappements de pieds, sploucnike, reverb, sifflements, grelots, diapason… Palmas tanben. Respire, souffle l’organetto e monta que montara… Revolum, ausiri la Danse du sabre… Sonantes d’Orient, d’Asie, flash Wudang Shan…
En face Ernest Bergez lace ses chaussures podorythmiques pour une ode à la nuit. « Partirèm pas d’aici… » Sourdure mixe son mix in situ. Bourdon, siulaires, vocal écho de rythmes, cançons en francés vièlh o occitan… « La saison est venue… » Violon archet, valse in time sa matière, déconstruit, restitue, satures, rythmes d’harmonies, orages, alertes, enroulements… Cada tròç ‘s bon biais, frictions sonores de folklores, blues, d’Auvergne, du Haut Quercy, du Bourbonnais… Lo seguissèm. A’tcha los mainatjes, tapan de mans, dançan segur… Epopées appelées, als castels son Maures e Crestians, Sarrazins ; à la fin c’est cristallin, note à note, même entendu le Duke en Caravan…
Au bivouac se retrouvent. Violon et banjo, impro, il y a qu’une demoiselle qui n’a que 15 ans… Le curé, le ciboire, voir à confesse, la Sainte table, alors les sons sonores honorent, le chant l’emportera, c’est là où les collectages… Ernest connaît. Sourdure s’en sert. Alors oui des histoires légères, circonstancielles, endralhadas e menadas a tusta pès, grelots, votz en cant, una borèia salaça, istòria d’auselon que se lèva e dintra al niu… 🙂 Restitucion se far, l’intention monte e quand lo del Val d’Aoste blues, cant prigond ont l‘un et l’autre van far rampèu… Los Trobadors son aqui. Es temps de ‘n palar. Trop dans l’ombre des cathares…

« Cinc cents èretz a Montsegur
sabent çò que viure vòl dire 
» (3)

Sacrés chrétiens. L’évêque de Pamiers demande officiellement pardon pour « le sort extrêmement cruel réservé à ces croyants que l’on a coutume d’appeler cathares ». Mieux vaut tard que… Los elegits s’endralhan dessus, l’Occitanie redonne sourire, la Présidente tisse un plan logo, un concours est lancé… Dans les oreilles les radios en òc, France bleu, Info et 3 à la télé à fond, La Dépêche s’y mène, Figaro si, La Croix en rappel à l’occasion du jubilé de la Miséricorde voulu par François. Segur que los occitanistes tanben. Pas un fait occitan, mais c’est en Occitanie que ces « Bons-hommes » et Bonnes-femmes, n’en damòra los remèdes, espendiron la catharsie, duo, dual, duel, altérité, no problèm avec les seigneurs des Cours, les Troubadours ayant poétisé la Jòc d’Amor ouvrirent tant… Alors oui, bravos aux teneurs de cette batèsta, carras et bérets suls caps fan la Una, los malhums malhuman, de magnifiques Se Canta pertot… Le terroir produit toujours, una pagina catara virada, Marchand design macarel !!!! Bingo pour tous ?

« Cinc cents èretz a Montsegur
Segur i sètz darrièr l’azur 
» (3)

Espèri que tota aquesta energia gisclara en convidatge endacom mai tanben…

Jacme Gaudàs
(1) Pèire Vidal (13è)
« Bien me plait la saison délicieuse
Il m’est bon dame belle de penser à vous
il m’est bon d’être en votre seigneurie
il m’est bon d’entendre votre prix célébré
il m’est bon de voir votre beau visage
bon de regarder vos pures beautés
bon d’être de vous amoureux
il m’est bon d’avoir en vous mon penser
et bon d’aimer vous seule seulement. »

(2) Claude Sicre, fondateur de « Peuple et Musiques au cinéma »

(3) Claude Marti, chanteur, poète occitan

 

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